Les témoignages

Nous recueillons par écrit des témoignages de soignants, étudiants, cadres, militants usagers ou patients, à partir desquels sont organisés nos ateliers. Nous mettons ces témoignages à la disposition de tous, avec l’accord des interviewés, pour que ces traces écrites puissent alimenter la réflexion et le débat au-delà du moment de l’atelier.

La plupart de ces témoignages sont mis en mots pour les Ateliers par la Compagnie Pourquoi se lever le matin !

Anne, rhumatologue, ancienne coordinatrice de l’Espace santé des quartiers Nord de Marseille

« Ça rigole dans la grande pièce d’accueil ; on n’y affiche pas les airs renfrognés qu’on voit trop souvent entre les murs des hôpitaux. L’espace est ouvert.

« Il faudra imprimer dans la mentalité des soins hospitaliers que soigner les publics défavorisés fait partie du service public autant que de développer une technologie ultra-performante. C’est pourquoi je souligne aussi l’importance que chaque centre de soins soit adossé à une structure hospitalière….

« J’ai toujours travaillé, à l’hôpital, dans des secteurs hors les murs, comme celui de la prison, puis des centres de santé.  J’estime que ce n’est pas faire de la sous-médecine que de faire de la médecine sociale ...

Fabien, infirmier aux urgences

« Il ne s’agit pas de savoir s’il y a des vraies ou des fausses « urgences ». Nous devons apporter la meilleure réponse possible à tous ceux qui en ont besoin. Le problème est que la médecine n’est pas organisée pour prendre en charge de manière efficace les soins non programmés.

« Il est vrai que l’espace d’accueil des patients, notamment, n’est rien d’autre qu’une zone de triage. Cette disposition de l’espace et la distribution des rôles qu’elle induit privilégient l’aspect technique de la prise en charge. Or, les soignants sont autant dans l’humain que dans le technique.

Jean-Luc, chirurgien orthopédiste pédiatrique, chef de pôle

« Face à cette bureaucratie on est confronté à des professions où les gens n’entendent pas la réalité du travail. Ils n’entendent pas ce qu’on leur dit ! Même si leurs grands mots sont, “je me rapproche de vous, j’entends ce que vous dites”, en fait ils n’entendent rien du tout !

Quand on enlève une hernie discale ça va prendre 30 minutes, c’est une petite incision de 3 cm, moi je démonte la colonne de la base du cou jusqu’à au bas du dos et j’en ai pour 3h. Le système de tarification à l’activité (T2A) pénalise complétement l’hôpital public….

On pourrait penser qu’un chef de pôle est quelqu’un qui, par définition, a une délégation de pouvoir et la possibilité de gérer les ressources humaines et matérielles. En fait il n’a pas du tout cela, c’est juste un rouage de plus dans une administration qui en comporte beaucoup.

Si le chef de pôle n’est pas complètement adhérent à ce que dit l’administration, on rentre très rapidement dans le conflit…..

Stéphane, médecin réanimateur pédiatrique

« Dans ce processus d’érosion, nous avons une responsabilité car nous nous sommes longtemps sentis protégés face à cette vague montante de rationalisation aveugle. A mes yeux, la prise en compte des seules activités postées contribue à la dégringolade des savoirs et à une dévalorisation de nos fonctions…

« Pour ma part, j’ai toujours voulu exercer ce métier, être médecin à l’hôpital public, être actif dans des lieux où des enfants peuvent mourir : cela a du sens. L’hôpital, c’est aussi un lieu où les relations humaines sont très riches et tout particulièrement quand je suis auprès de jeunes collègues dans mes fonctions d’enseignement, c’est exigeant mais très agréable, très stimulant…

Olivia, militante associative

Au début, la bannière de notre blog était : « des humains impatients pour une psychiatrie humaine ».

Est-ce que le militantisme est un travail ? En tous cas, c’est le travail que je me donne, avec l’association HumaPsy, où il faut avoir eu une expérience de la psychiatrie en tant que patient pour être membre actif, et où les tâches sont partagées, ça tourne.

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Martin, pédopsychiatre

« Quand vous arrêtez de soigner la maladie mentale, ça va commencer à déborder, à perturber et à déranger »

« Malheureusement, ce qu’on a vu, et ce qu’on voit encore, pendant la crise du covid ça n’a pas été une augmentation des moyens. Ce sont les équipes qui se sont organisées. Il n’y avait pas vraiment de stratégie politique. Pourquoi ferait-on au long cours ce qu’on n’a pas fait pendant la crise ? Je suis plutôt pessimiste. Ce qui nous reste actuellement pour continuer à faire vivre la pédopsychiatrie, c’est de tout faire pour survivre : par des collectifs, par des associations. Je m’engage dans ces mouvements…

Élisa, accueillante, conseillère
conjugale et familiale

Nous étions devenus des personnes en mission humanitaire, dans un pays qui est l’un des plus riches de la planète.

« Le château en santé » est situé dans le quinzième arrondissement de Marseille. Il est installé dans une bastide du dix-neuvième siècle qui a été longtemps inoccupée. Il offre aux habitants de ces quartiers…

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Anne-Charlotte, étudiante en médecine

« Ce travail de manip m’a permis de découvrir le monde médical, la relation avec les patients. C’est un métier épanouissant, mais une petite voix me disait de retenter médecine pour ne pas regretter »

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Michel, militant de la lutte contre le SIDA

Les « petites barcasses » ont su mieux s’adapter que les « gros paquebots ».

J’ai une formation de pharmacien mais depuis 1989 je ne travaille plus en officine car je me suis alors engagé dans l’association AIDES dès la fin de mes études et ainsi participé à la mise en place de réponses communautaire avec toutes les personnes infectées ou affectées par le VIH …

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Philippe, médecin réanimateur

Vu « d’en haut », du moment qu’on opère les gens, tout va bien

« Ma vie et celle de mes collègues, c’est le planning et le tableau de service. C’est nous qui gérons notre planning en anesthésie-réanimation. Il faut tout entrer dans des cases, même ce qui n’y entre pas, comme lorsque je donne un cours ou que je suis avec la famille d’un patient. Je dois justifier tout ce que je  fais. Tout le monde est en négociation permanente avec les directions pour essayer de prouver le bien-fondé de ses activités…

Frédérick, médecin généraliste

Dans la crise du COVID, c’était curieux la façon dont les élus locaux ont été évincés.

Je suis médecin généraliste dans un petit groupe médical. J’exerce en campagne, dans le Limousin à Ambazac en Haute-Vienne. C’est une petite ville de 5 à 6000 habitants mais c’est conséquent pour le Limousin.

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Delphine, praticien hospitalier en psychiatrie

« Demander à quelqu’un de rester confiné dans sa chambre, c’est l’antithèse du soin psychiatrique »

« les directives interdisaient de se réunir dans un local. Mais c’est de l’anti-soin psychiatrique, une prise en charge collective est indispensable : se réunir, parler de ce que l’on a observé, ressenti avec tel ou tel patient, confronter tout cela..

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Fabien, infirmier Diplômé d’État

Il y a un accueil de technologie de pointe mais c’est aussi le réceptacle de la « misère sociale ».

Fabien est IDE depuis 2008 (35 ans). Il travaille en 2x12h aux urgences de l’hôpital de Saint Nazaire (Loire Atlantique). Urgences avec compétences SMUR …

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Julien, praticien hospitalier gériatre

Chez nous, je veux dire dans mon unité, durant la crise, les liens entre paramédicaux et médecins se sont raffermis.

Je suis médecin hospitalier gériatre aux hospices civils de Lyon, c’est-à-dire dans le service public. Je suis dans un service hospitalier de ce CHU depuis 2017. Avant j’étais en Franche-Comté.

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Patrick, psychiatre

L’entraide permanente, c’est le soin.

« … J’ai franchement l’impression de vivre dans un monde de fous ! Comme si on voulait nous imprégner d’une réalité qui semble fausse, alors que je passe mon temps à m’ancrer dans votre réalité avec mes troubles psychiques… ».
Le patient qui s’exprime ici a eu un très long
trajet psychothérapique

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